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Mlle CAPELLE Céline
La restauration de la céramique et faïence
Membre de l'Association des Métiers d'Art des Ardennes

Elle y a consacré ses études, elle y consacre son temps, elle y consacrera sa carrière :
Très tôt, la passion des beaux objets l'a orienté vers un cursus scolaire à dominante artistique. Elle a obtenu un graduat arts plastiques option restauration d'oeuvres d'art spécialisation céramique, à l'institut supérieur des beaux arts Saint Luc à LIEGE.
Un réel besoin
Fréquentant le milieu artistique, elle s'est rendue compte qu'un besoin réel existait dans la restauration de céramique. Plutôt que d'embrasser une carrière douillette au sein d'un musée national, elle a préféré le secteur artisanal libre et concurrentiel. Ce choix a été motivé par un farouche désir d'indépendance, d'une part, dans un souci d'être reconnue pour son travail et son savoir faire d'autre part. Spécialisée dans les faïences de l'EST (Lunéville, les Islettes), la porcelaine de Paris, les barbotines, les émaux de Longwy ; elle redonne vie à ces objets qui demandent une grande dextérité et un travail soigné. La renaissance commence par l'assemblage des morceaux brisés avec des colles spéciales, voire même le décollage des morceaux mal restaurés.
LA RESTAURATION DE CERAMIQUE
Au sein de l’atelier trois types d’intervention sont proposés :
1) ARCHEOLOGIQUE : La restauration est visible sur l’ensemble de l’objet. L’objectif est de lui rendre sa lisibilité sans chercher à « tromper » en masquant les accidents. Dans ce cas, le bouchage des cassures se fera à l’aide d’un enduit teinté à la couleur de la céramique, mais toujours un ton plus clair (ci-dessous : lampe à huile issue de fouilles archéologiques du site Lehun en Jordanie ; Pièce visible au musée du cinquantenaire de Bruxelles).
2) MUSEE : L’objet est considéré avant tout comme un « document ». Côté face les accidents (fractures et lacunes) sont maquillés contrairement au dos de l’objet où la restauration se limite à un bouchage blanc (ci-dessous plat en faïence de Marseille visible à la fondation du Bois d’Epense (Les Islettes) Restauration offerte).
3) ILLUSIONNISTE : C’est-à-dire que la restauration est pratiquement invisible. Elle a pour but de restituer à l’objet son aspect d’origine. Cette technique est réversible : les matériaux appliqués ne doivent pas endommager la pièce ou l’abîmer. Le jaunissement de la partie restaurée, qui était le point faible des précédentes méthodes n’a plus cours aujourd’hui (ci-dessous vase rouleau en émaux exposé au Musée municipal de Longwy.)
Les différentes étapes de la restauration illusionniste (la plus fréquente) :
- DEMONTAGE : La première action de restauration consiste à démonter la pièce si elle a fait l’objet d’une intervention antérieure. Toutes les traces de la précédente restauration doivent être supprimées : vieilles colles, mastics, agrafes. La principale difficulté réside dans le collage de pièces assemblées au préalable à l’aide de colles inadaptées (super-glu, néoprène…).
- COLLAGE : Les tessons sont assemblés en évitant les décalages. Toutdéfaut de planéité risque d’apparaître au moment des repeints.
- BOUCHAGE : Reconstitution des manques. Les morceaux disparus de même que les anses ou fretels manquants sont reconstitués avec des résines. Différentes méthodes sont employées, depuis le moulage ou la prise d’empreintes jusqu’à la sculpture. Dans cette phase, le restaurateur s’interdit de « réinventer » une forme…
- PONCAGE : Une fois durcies, les résines sont poncées très finementavec des abrasifs. De la qualité du ponçage dépend le résultat final.
- REPRISE DES FONDS : Avant de repeindre les décors, la couleur unie dufond (l’émail blanchâtre) doit être reconstituée sur les partiesbouchées et poncées. La couleur est appliquée à l’aide d’un aérographe. Le repeint doit être parfaitement intégré sur son support, donnant ainsi l’illusion de la reconstitution de la matière.
- REPRISE DES DECORS : Couleurs et graphismes doivent parfaitementcorrespondre au décor intact avoisinant la restauration. Tout ajout,retrait, transformation serait une « trahison » de l’œuvre originale. La restauration sera terminée après application d’un glacis (sur lazone traitée) destiné à la protéger mais aussi à la réintégrer dans lebrillant de la céramique.
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